Le retour à Perth en précipitation… Mais pourquoi ?

Estelle ? Pourquoi es-tu retournée à Perth ? Nostalgie de la city ? Nostalgie de Northbridge ? Nostalgie du Beatty Lodge ? Non, Perth ne me manquait pas, où juste mes amis.

Il y a une chose que je ne vous ai pas dite durant ces deux derniers post pendant mon séjour à Bremer Bay et Darkan. J’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un de bien placé qui a ainsi pu me donner des contacts et enfin trouver le job de ma vie en Australie. J’y ai travaillé pendant ces trois dernières semaines, à envoyer mon cv, passer des coups de fils. Puis j’ai enfin la chance d’avoir Xavier au téléphone, un francais à moitié australien depuis dix ans, general manager de la company Energy And Minerals Australia.

Appel bref :  » Tu vas bien ? Donc si je comprend bien t’es a Bunburry c’est ça ?  Ca va, ça te dérange pas de travailler dans des endroits isolés avec des fortes temperatures ? Non ? Bon… J’ai un job pour toi, tu peux te libérer quand ?  »

Allez, j’explique : je travaille dans une company d’exploration minière, en quête d’uranium. Le projet se situe à 5h de route à l’est de Kalgoolie en Western Australia, proche du Great Victoria Desert. Il s’agit d’un ancien camp, Mulga Rock Camps, fondé par des japonais dans les années 1970 et laissé abandonné car le marché de l’uranium s’est effondré quelques temps après (remarque avec le cas Fukushima, on est pas mal non plus… )

Après une journée d’induction à Perth sur les dangers présent dans de tels endroits, une matinée shopping avec mon boss Xavier pour l’équipement vestimentaire, une après-midi au bureau à me documenter sur la radioactivité, me voilà donc partie de Perth jusqu’à Kalgoolie en avion, puis 5h de route en 4WD… Et je débarque dans un camps avec une dizaine de personnes, deux geologistes dont une femme, des foreurs et des fields assistant dont j’en fais partie. Nous sommes vraiment au milieu de nulle part, et Kalgoorlie est la ville la plus proche, c’est pour vous dire. C’est le bush, le vrai, le dangereux, mais magnifique bush dont je rêvais tant. Avec la terre couleur ocre, la vegetation d’une savane africaine et plein de bestioles….

l'office et la kitchen, point central du camp

Deux premières semaines de découvertes, des moments forts, des moments d’adrénaline. J’ai été assez polyvalente : j’analyse des echantillons de terre et recueille les données pour les envoyer ensuite au bureau de Perth. J’ai travaillé également sur le terrain de 6h du mat a 16h de l’aprem en plein bush avec les « drilleur » et Will le geologist, sous plus de 30degrés sans ombre la plupart du temps. Des conditions qui renforcent le moral, mais c’est à faire ! J’apprends donc la « lithology », de quoi est fait le sol australien jusqu’à 70-80m de profondeur. Ou je plaisante avec les drilleurs car je suis aussi sale qu’eux, et me voilà devenue « outsider » a remplacer les tuyaux de la foreuse (nan je plaisante, mon collègue m’a fait essayer, j’ai cru que je le portais mais il était derrière moi à le porter aussi sans que je le sache. Vous m’appellerez pas Popeye, désolée !)

Vue de ma chambre.

Ma tenue de travail ? Vous pouvez m’imaginer avec mes grosses safety boots et mes grosses chaussette jusqu’au mollet, un pantalon de toile ou un short, la chemise pour se protéger du soleil, lunettes de soleil et le casque de chantier, ear plugs pour atténuer le bruit de la drilling et surtout ! plein d’argile partout sur moi. Rien de féminin, mais on s’en fout, y a que des mecs ici.

Je vous présente l’équipe, sachant que nous ne sommes pas tous en même temps sur le camp, en fonction des roster (planning) de chacun. Nous fonctionnons en deux week on et une off.

Lynden , australien, et camp manager. Il a 35ans et travaille ici depuis 4ans. C’est aussi le chef cuistot du camps, et croyez-moi, si vous pensez perdre des kilos en arrivant au camps, vous faites une grave erreur. C’est un as de la cuisine !

Will et Lorraine, les deux geologist. L’un est anglais tout fraichement sorti des études et l’autre est française, ancienne backpackeur sur le sol australien depuis deux ans.

Cours de lithology par Will
Will

Justin, Trevor, Will, et Mark. Justin est le driller, les autres sont des « outsider » c’est-à-dire qu’ils travaillent a coté de la drilling, remplacent les tuyaux de forage sur la machine, récupèrent les échantillons de terre. Tous australien sauf Mark, un new zélandais.

Les fieldies ! Mark (un autre), Morris (taiwanais), Tim et Tony (deux new zelandais) et moi ! Nous travaillons principalement sur le camps, allons relever les échantillons dans les sacs de terre sur le terrain etc… on s’occupe de la maintenance du camps en faite.

Ma journée type : je me lève a 5h, puis vais prendre mon petit dejeuner à la cuisine, en écoutant l’ipod de Lyndo branché sur les speaker de la cuisine, moment de détente avant une grosse journée… Puis on prépare les sandwich, les gourdes d’eau, allons consulter les mails pour de nouvelles instructions du bureau de Perth, check quotidien des 4WD avant de prendre la route (niveau d’huile, liquide de refroidissement, une fuite eventuelle) et on part forer, c’est parti pour 30mn de conduite sportive (surtout quand Will prend le volant, je l’appelle Schumacker.) dans les sentiers de sables, a inventer des chemins quand il n’y en a pas……. Vous avez compris, nous sommes de vrais petits explorateurs! La fin de journée est plus calme : on se retrouve tous devant la cuisine sur le deck, on boit des bières, on plaisante, on joue au ping pong ou au cricket… On a toujours besoin d’une vie sociale, même au milieu de nulle part….

NB : en bonus, le super pit, la plus grosse mine d’or de l’hemisphère sud, un énorme trou dans la terre ! Et ça se trouve a Kalgoorlie, une des plus grosses ville minières et très réputée pour l’or.

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La vie à la ferme dans le bush…

Fini les vacances ! Caro et les enfants me proposent de rentrer avec eux, dans leur ferme. Une des fameuses règles d’un backpacker : ne jamais refuser, ne jamais dire non. Let’s go to Darkan, petite ville à 1h de Bunburry dans les terres.

Leur ferme se situe a 15-20km de la route principale. La maison est entourée de 100hectares de paddocks plus 300autres dans un autre coin de Darkan, avec des moutons (beaucoup de moutons…), quelques vaches, et quatre poules (qui ne cessaient de rentrer dans la maison pour y chier et pondre leur oeufs…) J’y ai passé deux semaines. Deux semaines bien remplies où j’ai enfin pu découvrir leur quotidien bien chargé. Les enfants ont fait leur rentrée à l’école de Darkan, Caro sa rentrée au boulot dans son petit studio de photographe, je m’occupais donc de la maison pendant la journée, ou aidais Roger au shed à donner quelques médocs aux moutons et agneaux…

En faite, je rabattais les moutons dans l’enclos avec Belle, le chien berger sous mes ordres… C’est un énorme travail, même si Belle en fait plus de la moitié. Vous savez quoi ? J’ai trop pensé au film « Babe », le cochon berger lol (ne me demandez pas pourquoi). Voir Belle au travail, c’est juste spectaculaire et impressionnant. Une pile, un bout de nerf, n’oubliez surtout pas de lui dire « Belle! Get Out ! » sinon elle reste dans l’enclos et s’acharne sur le pauvre mouton affolé. Bref, oui, Belle, je l’ai adorée.

Belle, le chien berger et toute jeune maman
Belle, le chien berger et toute jeune maman

Durant mon séjour à Darkan, j’ai partagé également quelquechose de très fort : l’Australian Day, fête nationale qui a lieu le 26janvier. L’Australian Day, c’est un jour spécial où l’ont se remémore toutes ces années passées depuis les premiers colons en Australie, tout le chemin parcouru, où l’on se retrouve tous entre communauté de villages, où l’on récompense les personnes méritantes, les personnes qui s’entraident, qui participent activement à la vie de la communauté etc… Darkan organise chaque année un breakfast au bord du lac de Torewagal-quelquechose. Chacun vient avec son assiette et ses couverts et va se servir auprès du stand. Au menu : toast, bacon, eggs, saussage, white coffee, white tea… Puis on parle avec le voisin, l’institutrice, etc…

Future Franco-Australienne ???

Ce jour-là a été une excellente journée, j’ai pu y rencontrer Paul, un australien d’une quarantaine d’année, un peu hippie, et un passé de voyageur hors norme( 6ans en Europe, dont 4 en Espagne marié à une espagnole ). C’est tout naturellement qu’il m’a proposé de venir assister à la tonte des moutons prévue pour la semaine suivante dans sa ferme. ( Je vous laisse vous souvenir de cette fameuse règle chez les backpackers….)

La tonte des moutons chez Paul
bêêêêêê

Ce fut une excellente journée, où j’ai vite appris (non pas à tondre les moutons, trop dur…) à ramasser les toiles de laines, les trier etc… Paul est une des premières personnes avec qui j’ai pu discuter de tout et rien, et parfois en espagnol puisqu’il parle espagnol fluently… Il m’a appris beaucoup de choses, beaucoup d’expressions australiennes, beaucoup de choses sur son passé, sur l’histoire de sa famille. D’ailleurs, pour mon dernier jour à Darkan, Paul m’a emmené à Bunburry que je n’avais pas encore visité. Nous avons fait un grand détour et j’ai pu voir ainsi la première ferme qu’avait tenu son arrière grand-père lors de son arrivée en Western Australia à la débarquée du bateau venant directement d’Angleterre, puis où ils avaient grandi son frère et lui. Enrichissant, impressionnant…

Sur la route, nous nous sommes également arrêté dans un endroit, assez drôle : Gnomesville. Un jour, un étranger s’est arrêté sur cet endroit, et y a laissé un nain de jardin en souvenir de son passage. Depuis, les voyageurs perpétuent la tradition, au point que ça en est devenu une ville. Des photos ?

Welcome to Gnomesville
Ben Ramon ! Qu'est-ce que tu fais-là ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temps a Darkan touche à sa fin, fini les nuits à la belle étoile dans le trampoline avec les enfants, les soirées sur la pelouse à jouer avec les chiots en regardant le soleil se coucher sur le bush, fini les bêlements des moutons, les rires des enfants, les préparations de cupcake pour les enfants à la sortie de l’école… Merci à Caroline, Roger et les enfants pour tous ces moments exceptionnels…

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5février : me revoilà sur la route de retour à Perth… Voir au prochain post 😉

Un mois et demi d’absence et beaucoup de choses a vous dire….

Je suis enfin partie de Perth !! La ville m’ennuyait, il était temps de mettre cap sur de nouvelles aventures, les derniers road trip m’avaient laisse reveuses…

Vous connaissez le concept du woofing ? Pour quelques services rendus chez l’habitant, il vous offre son toit et partage ses repas… Vous pouvez aider a jardiner, désherber (beaucoup de fermes organiques ici..), peindre, construire une grange, aider a la ferme avec les moutons, etc… Pour ceux que ça interesse, aller sur www.helpx.net et vous trouverez des annonces de personnes en Australie_Tasmanie, Canada, Nouvelle-Zelande etc…. Un excellent moyen de vous immerger dans la langue, sans dépenser de sous (mais sans en gagner non plus) et rencontrer de nouvelles personnes….

Voila, cap pour Bremer Bay, entre Albany et Esperance sur la southcoast, où je vais rejoindre Caroline et ses quatre enfants en vacances dans la maison familiale. Caroline, Sophie, Bonnie, Odette et Hugh m’ont tous les quatre mis a l’aise. Roger, le mari de Caroline étant resté a Darkan (près de Bunburry plus haut en Western Australia) pour s’occuper de la ferme, Caroline me demandais donc de l’aide pour surveiller les enfants, les occuper et également quelques taches domestiques….

On rythme les journées entre la plage, les petites courses quotidiennes a la « bakery » du coin pour acheter du « lamington », gateau à la noix de coco enrobé d’une épaisse couche de chocolat (une vraie découverte pour moi), les petites escapades en voitures etc…

Bremer Bay c’est un resort assez réputé sur la southcoast, où les gens viennent se reposer dans leur maison secondaire. Caro y a passé tous ses été étant enfant. Malgré la fermeture de la plage principale à cause des requins , nous avons pu fréquenter de nombreuses autres plages ( j’ai pas compris d’ailleurs : si y a des requins sur la plage de bremer, y en a sur la plage a coté, non ??? Le danger reste le même, on est d’accord…)

Hormis la plage et activités diverses comme le bodyboarding, les « relaxing seat for free » dans le sable construits par Odette, les cercueils dans le sable etc…, Caro nous emmenait en balade en voiture, juste pour voir un peu de paysage et y prendre de beaux clichés : oui, Caroline est photographe !!!!

Nous voilà décidé pour rejoindre Ann Point. A vue d’oeil sur la carte, c’est à 1h de route. Puis j’ai vite compris que c’était pas aussi easy que ça : ben oui, on est en Australie ! Vous en avez vu, vous, des autoroutes en Australie ??? Et parfois des routes aménagées seulement pour les 4WD. Mieux vaut ne pas s’y risquer avec un familial. Partis pour 3h de route, avec au programme la traversée du Fitzgerald River National Park… beautiful !

Fitzgeral River National Park, Mount Barren

Sur la route, Nous rencontrons, au milieu de nulle part (c’est une expression qui va souvent revenir au milieu de nulle part, je vous préviens), une petite auberge : Quaalup Homestead, tenu par des britanniques… Un havre de paix dans un bush à 40degrés. Avec un émeu comme animal domestique : ça, c’est fait.  Allez, tea party avant de reprendre le chemin…

 

Le break fini, nous reprenons la route, cap sur Ann Point… Le moment drole en arrivant a Ann Point, sur le petit chemin qui mène au « parking », j’étais en train de dire à Caro qu’on avait même pas croisé un seul kangooroo sur la route… Il a suffit d’arriver dans le virage 1minute après pour tomber nez à nez avec deux kangooroo dont un petit dans la poche, so cute…

Ann Point… Qu’est-ce que je pourrai bien vous dire de Ann Point… Je préfère vous laissez regarder en images 😉

Pour vous résumer ma première semaine chez les Telfer, c’était une semaine de vacances paradisiaque….Je vous laisse une galerie d’images pour apprécier….